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Histoire 


L’olivier en Tunisie

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L’olivier, riche de son histoire dans la région du bassin méditerranéen, fut amené du Moyen Orient en Tunisie par les Phéniciens, fondateurs de Carthage. Puis de nombreuses civilisations méditerranéennes, des phéniciens aux grecs, aux carthaginois aux romains puis aux arabes se relayèrent à travers l’histoire pour transmettre le savoir faire de la culture de l’olivier.   

La Tunisie est ainsi devenue l’héritière de 2000 ans de savoir faire en matière de culture d’oliviers et donc « une oliveraie par excellence » avec des plantations qui s’étalaient sur une grande partie du territoire, en commençant par l’ile de Cyraunis ( Kerkena) pour passer par Byzacène ( le Cap bon) puis Hadrumète (Sousse) et pour finir dans les steppes de Kasserine et dans le sud autour de Zarzis et de l’ile de Djerba .

A l’époque des Carthaginois, une véritable culture de l’olivier avait commencé à se répandre suite aux avantages accordés aux paysans qui créaient des olivettes.Puis, Les Romains la développèrent davantage   en intensifiant l’irrigation sur cette terre ou la pluie se faisait rare, et en inventant la technique de l’extraction de l’huile comme en témoignent les fouilles de Sbeitla et El Jem ainsi que les nombreuses mosaïques romaines découvertes à Sousse.  Enfin les Arabes d’Andalousie s’installèrent en Tunisie profitant des facilités offertes à l’époque pour acquérir des fermes et cultiver l’olivier.

De plus, et en raison de son importance dans la vie quotidienne des peuples dans l'antiquité, l'huile d'olive donnait lieu à commerce florissant et était devenue une source de richesse pour toutes les civilisations qui ont marqué l'histoire de la Tunisie.   

La légende de l’olivier

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Depuis l'Antiquité, l'olivier que la déesseAthénafit sortir de terre, est le symbole d'Athènes et représente la force et la victoire, la sagesse et la fidélité, l'immortalité et l'espérance, et la richesse et l'abondance. Selon la légende deCécrops, Athéna et Poséidonse disputèrent la possession de l'Attique. Ils choisirent comme arbitre Cécrops, le premier roi du territoire. Poséidon frappa l'Acropolede son trident, puis en fit jaillir une source d'eau salée et offrit à Cécrops un magnifique étalon noir capable de faire gagner toutes les batailles. Athéna gratta sa lance et fit naître de la terre brûlée par le soleil un arbre immortel permettant de nourrir et de soigner les hommes : l’olivier.

 

 

 

La longévité de l’olivier

Avec son tronc sculpté par l'âge et sa toison de feuilles persistantes et argentées, la longévité de cet arbre légendaire est une caractéristique remarquable, souvent associée à une croissance clonale.  Chargé de légendes, l’olivier millénaireest un arbre symbole et les peuples du pourtour méditerranéen qui se nourrissent de ses fruits possèdent en commun les gestes ancestraux de sa culture. 

Malheureusement, il n'est pas possible de connaître l'âge d'un olivier avec certitude. Ladendrochronologieest extrêmement difficile à réaliser car l'olivier est un bois dur, dense, veiné et de croissance irrégulière, ce qui rend aléatoire l'individualisation et le comptage des cercles de croissance. L'âge de cet arbre ne peut par conséquent qu'être une estimation basée sur des indices indirects tels que le diamètre, l’aspect, et des documents historiques,  qui se révèlent souvent peu fiables et amènent à des estimations parfois bien éloignées de l'âge réel.

À l'état naturel, lorsqu'un olivier vieillit, il produit des rejets appelés « souquets », à partir de sa souche, et, ainsi, ne meurt effectivement jamais de vieillesse. Le nouvel arbre qui le remplace n'est pas un autre olivier, mais un autre lui-même, une nouvelle expression du même génotype. L'olivier peut cependant mourir par l'effet du gel, de l'humidité du sol, d'un échec dans la lutte pour l'occupation de l'espace vitalavec les espèces concurrentes, et probablement de sécheresse. Un dictonprovençaldit qu'« autant le figuier que l'olivier ne meurent pas sans héritier ».

Les plus vieux troncs que l'on puisse observer sont cependant ceux des arbres cultivés, car les cultivateurs éliminent régulièrement les rejets, s'ils veulent conserver le tronc ancêtre. Si cet entretien est interrompu, les vieux arbres s'empressent de donner de nombreuses jeunes pousses.

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L’olivier millénaire de la region de « chraf »